Louis Erimée (1895-1982) est une figure majeure de l'histoire de Sainte-Marie et de la Martinique. Ancien combattant, industriel, entrepreneur et homme politique, il a fortement contribué au développement économique et social de la commune durant la première moitié du XXᵉ siècle. Son action dans l'industrie, l'agriculture et la vie publique a durablement marqué le territoire samaritain.
Jeunesse et engagement militaire
Né le 2 décembre 1895 à Sainte-Marie, Louis Erimée effectue ses études au prestigieux Lycée Schœlcher de Fort-de-France.
À l'âge de 18 ans, il s'engage dans l'artillerie coloniale et participe à la Première Guerre mondiale. Au cours de sa carrière militaire, il est envoyé sur plusieurs fronts :
- Les Dardanelles,
- L'Italie,
- La Grèce, notamment à Itéa,
- L'Extrême-Orient.
Son courage et son sens du devoir lui permettent d'accéder au grade de Brigadier-Chef. Après plusieurs années de service militaire, il revient en Martinique en 1927.
Un entrepreneur visionnaire
De retour dans son île natale, Louis Erimée se lance dans l'entrepreneuriat et devient l'un des industriels les plus dynamiques de son époque.
Il crée une importante tannerie à l'Anse Madame, à Schœlcher. Son entreprise produit notamment des :
- Chaussures,
- Godillots pour les armées de Martinique et de Guadeloupe,
- Ballons de football,
- Chaussures destinées aux premiers joueurs de la Samaritaine de Sainte-Marie.
Cette activité industrielle participe au développement économique de la Martinique et génère de nombreux emplois.
Parcours politique
Engagé dans les idées du radical-socialisme, Louis Erimée entre en politique en 1936.
Cette même année, il devient premier adjoint du maire de Sainte-Marie, Rodolphe Richer.
À la disparition de ce dernier en 1939, il accède à la fonction de maire de Sainte-Marie, mandat qu'il exerce de :
- 1939 à 1940
- Puis de 1947 à 1956.
Parallèlement, il est élu conseiller général de la Martinique de 1947 à 1958.
Une Sainte-Marie prospère
Sous ses mandats, Sainte-Marie connaît une période de forte activité économique.
La commune compte alors près de 11 400 habitants et s'affirme comme l'un des principaux centres agricoles du Nord Atlantique.
L'économie locale repose notamment sur la :
- Culture de la canne à sucre,
- Transport ferroviaire du sucre,
- Huit distilleries en activité,
- Plusieurs entreprises industrielles renommées.
Parmi ces établissements figuraient la :
- Tannerie de Louis Erimée,
- Usine électrique de Raveneau à Fourniols,
- Fabrique de fécule de M. André à Bezaudin,
- Conserverie d'ananas de Despointes.
Cette diversification économique contribue à faire de Sainte-Marie l'une des communes les plus dynamiques de Martinique durant cette période.
Héritage
Louis Erimée décède le 10 janvier 1982 à l'âge de 86 ans.
Son parcours illustre celui d'un homme ayant servi la Martinique dans plusieurs domaines : militaire, économique, industriel et politique.
Ancien combattant, entrepreneur novateur, maire et conseiller général, il demeure l'une des personnalités qui ont participé à la modernisation de Sainte-Marie au XXᵉ siècle.

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