Martinique A nu

Bambou commun

Géant utile devenu envahisseur des ravines martiniquaises

Massif dense de bambou commun
Adresse Asie
Catégorie Arbres
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Le Bambou commun (Bambusa vulgaris), introduit volontairement en Martinique dès 1747, est aujourd'hui une espèce exotique envahissante qui menace les écosystèmes humides de l'île.​

Géant des zones humides

Originaire d'Asie du Sud, ce grand bambou de la famille des Poacées forme des touffes imposantes de 15 à 30 mètres de haut avec des chaumes vertes à jaunes pouvant atteindre 10-15 cm de diamètre. 

Ses nœuds réguliers portent des branches latérales denses, créant un couvert impénétrable.​

Introduit pour ses usages ornementaux, alimentaires et artisanaux, il s'est naturalisé le long des rivières, ravins, berges et pentes humides, particulièrement dans le nord de la Martinique.

Une invasion par rhizomes

Son succès envahissant repose sur une reproduction végétative ultra-efficace :

  • Rhizomes souterrains traçants qui colonisent rapidement de nouvelles zones,
  • Bouturage naturel : chaque nœud au sol produit de nouvelles pousses,
  • Tolérance aux inondations et faible mortalité,
  • Absence de prédateurs locaux, son bois riche en silice se décomposant lentement.

Il forme des massifs denses qui étouffent la végétation indigène, créent des embâcles dans les cours d'eau (risque d'inondation) et déstabilisent les sols par ses racines superficielles.​

Impacts écologiques tombes

  • Concurrence avec les espèces riveraines indigènes (ex. : ti-fougère, acajou pays),
  • Modification hydrologique : obstruction des ravins, réduction des écoulements,
  • Risque d'érosion et de glissements sur pentes fortes,
  • Perte de biodiversité dans les milieux humides stratégiques.

En Guadeloupe voisine, il est classé EEE, en Martinique, sa vente et son transport sont interdits (Arrêté 2019).​

Usages traditionnels et défis

Malgré ses méfaits, le bambou commun reste valorisé :

  • Artisanat : meubles, instruments de musique, clôtures,
  • Construction : canots traditionnels, toitures,
  • Stabilisation initiale des berges...

Lutte et gestion

  • Élimination mécanique : coupe systématique des chaumes et arrachage des rhizomes,
  • Suivi régulier des zones sensibles,
  • Restauration par replantation d'espèces indigènes,
  • Prévention : éviter tout bouturage ou transport de fragments,
  • Signalement recommandé aux services de la DEAL Martinique pour intervention coordonnée.

Restaurons nos ravins

Le bambou commun illustre comment une espèce utile peut devenir problématique. 

Préserver les écosystèmes humides martiniquais exige aujourd’hui une gestion active pour redonner sa place à la végétation originelle des rivières.

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