Max Relouzat est un artiste, militant associatif, syndicaliste et défenseur de la mémoire de l'esclavage né le 15 janvier 1945 à Fort-de-France, en Martinique. Figure engagée de la diaspora martiniquaise en Bretagne, il est reconnu pour son combat contre le racisme, pour la justice sociale et pour la transmission de l'histoire de l'esclavage aux jeunes générations.
Une enfance marquée par la mémoire martiniquaise
Né à Fort-de-France, Max Relouzat grandit dans une Martinique où la mémoire de l'esclavage est encore peu abordée publiquement. Très jeune, il s'interroge sur l'histoire de ses ancêtres et développe une sensibilité particulière aux questions de mémoire, d'identité et de dignité humaine. Il évoque souvent l'influence déterminante d'Aimé Césaire, qu'il considère comme une référence intellectuelle et morale.
Issu d'un milieu modeste, il travaille très jeune et connaît les réalités du monde ouvrier martiniquais, notamment dans l'univers de la canne à sucre.
Départ pour la France et engagement social
En 1965, il quitte la Martinique pour effectuer son service militaire en France. L'année suivante, il débute une carrière de cuisinier hospitalier dans les Hauts-de-Seine. Il s'engage rapidement dans la vie syndicale en adhérant à la CGT et participe activement aux mouvements de défense des travailleurs et du service public.
Marié à Denise, originaire de Bretagne, il s'installe en 1974 à Quimper où il poursuit son activité professionnelle à l'hôpital psychiatrique de Gourmelen. Face aux conditions de prise en charge des patients qu'il juge indignes, il participe à plusieurs actions de réforme au sein de l'établissement.
Militant associatif et défenseur de l'égalité
Tout au long de sa vie, Max Relouzat multiplie les engagements :
- Militant syndical CGT,
- Membre du Parti communiste,
- Président de l'Association des travailleurs antillais du Finistère,
- Fondateur de SOS racisme Quimper dans les années 1980,
- Acteur de nombreuses associations humanitaires et solidaires.
Il participe également à diverses initiatives internationales de solidarité, notamment en faveur d'Haïti et du Rwanda.
La mémoire de l'esclavage comme combat
En 2010, Max Relouzat crée l'association :
Mémoires des Esclavages
avec pour objectif de lutter contre l'oubli et de transmettre l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage colonial aux nouvelles générations.
Son œuvre la plus connue est le mémorial monumental :
Mémoires
installé à Brest et réalisé avec le sculpteur Marc Morvan. Cette sculpture symbolise le devoir de mémoire et le dialogue entre les continents concernés par l'histoire de l'esclavage.
Depuis plusieurs années, il intervient régulièrement dans les écoles, collèges et lycées pour sensibiliser les jeunes à l'histoire de l'esclavage, du racisme et des discriminations.
Une reconnaissance nationale
Pour l'ensemble de son action sociale, culturelle et mémorielle, Max Relouzat est élevé au grade de :
Chevalier de l'Ordre national du Mérite
en 2022.
La distinction lui est remise à Quimper par Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et président de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.
Cette distinction récompense plus d'un demi-siècle d'engagement au service de la mémoire, de la solidarité et de l'égalité.
Héritage
Max Relouzat est aujourd'hui reconnu comme l'une des grandes figures martiniquaises contemporaines engagées dans le travail de mémoire autour de l'esclavage.
Artiste, militant et éducateur populaire, il a consacré sa vie à :
- Lutter contre le racisme,
- Défendre les valeurs de fraternité,
- Promouvoir la mémoire de l'esclavage,
- Transmettre l'histoire des peuples antillais.
Son parcours illustre le lien entre mémoire historique, engagement citoyen et transmission culturelle.

💬 Laissez un commentaire
🛑 Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Se connecterPas encore de compte ? Créez-en un ici
Commentaires récents
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !