Liliane Chauleau, née le 27 janvier 1935 et décédée le 14 décembre 2025, est une historienne, archiviste-paléographe et ancienne directrice des services d’archives départementales de la Martinique, ayant consacré sa vie à l’étude, la préservation et la transmission des sources historiques de son pays.
Figure de l’histoire sociale, religieuse et culturelle des Antilles, elle a dirigé les Archives pendant 31 ans (1969-2000), supervisé la construction et l’extension des bâtiments d’archives à Fort-de-France et produit une œuvre de référence accessible aux chercheurs, étudiants et passionnés.
Parcours et formation
Liliane Chauleau est scolarisée de la maternelle à la terminale au pensionnat colonial devenu Lycée de jeunes filles à Fort-de-France, où elle obtient régulièrement le Prix d’excellence. En 1953, elle intègre le Lycée Henri-IV à Paris en classes préparatoires au concours de l’École nationale des chartes. En 1961, elle en sort avec le titre d’archiviste-paléographe, après une thèse sur « L’Histoire sociale de la Martinique de 1635 à 1715 ».
En 1969, elle regagne la Martinique et est nommée directrice des Archives départementales de la Martinique, fonction qu’elle occupe jusqu’à sa retraite en 2000.
Engagements, fonctions et actions majeures
En 1970, Liliane Chauleau initie et supervise le projet de construction d’un bâtiment d’archives au Morne Tartenson à Fort-de-France, inauguré en 1975. Courant 1990, elle propose, appuie et suit les projets d’extension ; en 1998, un nouveau bâtiment moderne et fonctionnel est inauguré, conforme aux standards nationaux et européens de conservation.
Auteure prolifique, elle publie des travaux de référence :
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« La Société à la Martinique au XVIIe siècle : 1635-1713 » (1966, issue de sa thèse de 1961),
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« En parcourant la Martinique à travers les lieux et les âges » (fascicules CRDP, 1971 et 1973, issus d’émissions de radio scolaire),
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« La vie quotidienne aux Antilles françaises au temps de Victor Schœlcher » (Hachette, 1979 ; rééd. L’Harmattan, 2012), Prix Picard de l’Académie française en 1980,
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« Case-Pilote, le Prêcheur, Basse-Pointe, étude démographique sur le nord de la Martinique (XVIIe siècle) » (L’Harmattan, 1990, issue de sa thèse de 3e cycle en histoire, 1983),
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« La voix des esclaves : foi et société aux Antilles, XVIIe-XIXe siècle » (2012), fruit d’études de théologie entreprises après sa retraite pour mieux appréhender la religion à l’époque de l’esclavage.
Rayonnement et reconnaissance
L’œuvre de Liliane Chauleau est saluée comme « rigoureuse, analytique et minutieuse », offrant une exploration détaillée des réalités sociales, démographiques et religieuses de la Martinique et des Antilles du XVIIe au XIXe siècle. Ses émissions de radio scolaire et ses fascicules contribuent à démocratiser l’histoire auprès des Martiniquais, tandis que ses ouvrages restent des références pour les chercheurs et étudiants.
Reconnue par l’État, elle est promue Officier des Palmes académiques, Commandeur de l’Ordre national du Mérite, puis Chevalier de la Légion d’honneur en 1998. Dominique Taffin, conservatrice générale du patrimoine honoraire et ancienne directrice des archives, souligne son intransigeance sur les exigences techniques et son dévouement à la conservation et à la valorisation du patrimoine historique.
Héritage et mémoire
Liliane Chauleau lègue un héritage documentaire constitué de publications, contributions et travaux de recherche, ainsi qu’un don de sa bibliothèque personnelle (près de 700 documents) aux Archives territoriales de Martinique, en cours de traitement. La Collectivité territoriale de Martinique honore son œuvre en donnant son nom à la salle de lecture des Archives territoriales, signe d’une reconnaissance durable.
Son nom reste associé à la professionnalisation des archives martiniquaises, à la construction de bâtiments aux normes, et à une histoire sociale et démographique précise, ancrée dans les territoires (Case-Pilote, Le Prêcheur, Basse-Pointe) et les temps longs de l’esclavage et de la société coloniale.
Dernier hommage
Liliane Chauleau décède le 14 décembre 2025, suscitant de nombreux hommages pour son travail immense en faveur des archives et de l’histoire de la Martinique. Dominique Taffin rappelle : « Vraiment, madame Chauleau, c’était les archives », saluant une vie dédiée à l’érudition, à la vulgarisation et à la transmission.

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