Martinique A nu

Louis Delgrès

Le cri de la liberté martiniquaise : Vivre libres ou mourir

Louis Delgrès, commandant républicain martiniquais, proclamation anti-esclavagiste 1802

Héros de la résistance anti-esclavagiste en Guadeloupe

Naissance 02 août 1766
Décès 28 mai 1802 à 35 ans
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Louis Delgrès, né le 2 août 1766 à Saint-Pierre en Martinique, est un officier militaire, républicain et abolitionniste qui s’oppose au rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe en 1802

Métis issu d’une mère mulâtresse martiniquaise et d’un père fonctionnaire colonial, il incarne la résistance des libres de couleur aux troupes napoléoniennes, publiant une proclamation emblématique « Au monde entier » qui défend la liberté et la République contre l’ordre colonial restauré. 

Figure héroïque de la mémoire collective caribéenne, sa mort au combat à Matouba symbolise le refus de l’asservissement dans l’histoire de la Caraïbe et de la diaspora antillaise.​

Parcours et formation

Louis Delgrès grandit entre Martinique et Tobago, dans un contexte colonial marqué par les tensions raciales et les mouvements révolutionnaires naissants. 

Enrôlé à 17 ans dans la milice martiniquaise, il gravit les échelons jusqu’au grade de sergent en 1791, après la mort de son père, au sein d’une société antillaise structurée par l’esclavage et les hiérarchies coloniales.​

Favorable à la Révolution française, il s’exile à la Dominique en 1791 face à la prise de pouvoir des royalistes en Martinique, puis rejoint les rangs républicains, devenant lieutenant en 1792 et servant sous Rochambeau

Capturé par les Anglais en 1794, libéré et rapatrié à Saint-Malo, il intègre le bataillon des Antilles et se distingue lors de la reconquête de Sainte-Lucie en 1795, où il est grièvement blessé mais nommé capitaine pour sa prise du morne Rabot.​

Engagements, fonctions et actions majeures

Commandant à Basse-Terre en Guadeloupe, Louis Delgrès s’allie aux forces anti-coloniales, combattant les Anglais à Saint-Vincent aux côtés des Caraïbes noirs de Joseph Chatoyer et des Garifunas. Fidèle aux idéaux jacobins de la République, il refuse en mai 1802 de se soumettre au général Richepance, envoyé par Napoléon Bonaparte pour rétablir l’esclavage abrogé en 1794.​

Le 10 mai 1802, avec l’adjudant Monnereau (créole martiniquais sous ses ordres), il rédige et affiche la proclamation « Au monde entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir », appel vibrant à la postérité contre l’anéantissement des libres et l’esclavage restauré, clamant « Vivre libres ou mourir ». 

Retranché au Fort Saint-Charles (aujourd’hui Fort Delgrès), il résiste 18 jours avant de poursuivre la guérilla avec Joseph Ignace.​

Rayonnement et reconnaissance

Symbole de la résistance abolitionniste, Louis Delgrès inspire les combats pour la liberté dans les Antilles françaises, reliant la Martinique natale à la lutte guadeloupéenne contre le rétablissement colonial post-haïtien. 

Sa figure est honorée par des monuments, lycées, timbres et inscriptions au Panthéon, tandis que le groupe de blues Delgrès perpétue son nom dans la culture contemporaine.​

Son action transcende les frontières caribéennes, influençant la mémoire des révoltes d’esclaves et des idéaux républicains radicaux face à l’empire napoléonien.​

Héritage et mémoire

L’héritage de Louis Delgrès nourrit la mémoire collective de la société antillaise, incarnant la jonction entre Révolution française, abolitionnisme et résistance créole contre la restauration esclavagiste. Sa proclamation reste un texte fondateur de la lutte pour les droits des Noirs et mulâtres libres, résonnant dans les débats sur le patrimoine immatériel caribéen, la créolité et les réparations historiques.​

Aujourd’hui, il symbolise l’engagement républicain radical dans la diaspora antillaise, reliant Martinique, Guadeloupe et Haïti dans une histoire partagée de liberté conquise au prix du sang.​

Dernier hommage

Le 28 mai 1802, encerclé à l’habitation Anglemont à Matouba (Saint-Claude, Guadeloupe) par les forces supérieures de Richepance, Louis Delgrès choisit la mort plutôt que la capture : il fait exploser le retranchement avec 300 compagnons, jouant du violon sur les remparts en signe de défi. 

Sa fin héroïque scelle son entrée dans la légende des résistants de la Caraïbe, immortalisée dans les hommages officiels et populaires de la mémoire collective antillaise.


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