Martinique A nu

Henri Armougon

Une vie d'engagement au service de la Martinique

Henri Armougon
Informations clés : Henri Armougon
Commune Lamentin
Naissance 09 décembre 1936 à Fort-de-France
Décès 03 septembre 2019 à Lamentin
Âge au décès 82 ans
Sauvegarder Utile 24 vues

Henri Armougon (1936-2019), surnommé « Rico », fut l'une des figures du mouvement anticolonialiste martiniquais. Militant de l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique (OJAM), il est connu pour avoir été le premier militant arrêté lors de la célèbre affaire de l'OJAM en 1963, un épisode majeur de l'histoire politique contemporaine de la Martinique.

Le plus jeune militant de l'OJAM

Né en 1936, Henri Armougon exerce comme fonctionnaire des douanes lorsqu'il rejoint l'OJAM. Âgé de seulement 19 ans au moment des événements, il est le plus jeune des dix-huit militants de l'organisation.

L'OJAM, fondée en 1962, rassemble de jeunes Martiniquais issus de divers horizons politiques, intellectuels, religieux et syndicaux autour d'une même revendication : l'émancipation du peuple martiniquais.

L'affaire de l'OJAM

L'affaire éclate après le placardage clandestin, dans toute la Martinique à la veille de Noël 1962, d'une affiche portant le célèbre slogan :

« La Martinique aux Martiniquais »

Le gouvernement français réagit rapidement. En février 1963, Henri Armougon est le premier militant interpellé. Son arrestation marque le début d'une vaste opération policière visant les membres de l'OJAM.

Avec dix-sept de ses camarades, il est inculpé pour, Atteinte à l'intégrité du territoire national.

Les militants sont arrêtés, emprisonnés à Fort-de-France, puis transférés sous haute surveillance à la prison de la Santé à Paris avant d'être détenus à Fresnes. Ils bénéficient alors du statut de prisonniers politiques.

Un procès historique

Le procès se déroule à Paris en novembre 1963 et attire l'attention de la presse nationale.

Les débats révèlent la faiblesse des preuves réunies contre les militants. Une partie de l'accusation repose sur des documents retrouvés dans une mallette appartenant à Henri Armougon et remise à la police après avoir été égarée.

Pour de nombreux observateurs, ce procès apparaît comme une tentative de freiner les revendications autonomistes et anticolonialistes qui émergent alors aux Antilles françaises.

Une lourde condamnation

À l'issue du procès, Henri Armougon figure parmi les militants les plus sévèrement sanctionnés.Il est condamné à trois ans d'emprisonnement.

La décision suscite de nombreuses réactions en Martinique et dans les milieux anticolonialistes.

La relaxe en appel

L'affaire connaît un tournant en avril 1964. Lors du procès en appel, les cinq militants condamnés en première instance sont finalement, relaxés.

Henri Armougon retrouve alors sa liberté et peut rentrer en Martinique.

Une vie discrète après le combat

Contrairement à plusieurs de ses compagnons de lutte qui poursuivent une carrière politique ou publique, Henri Armougon choisit une vie plus discrète après son retour au pays.

Il reste néanmoins dans la mémoire collective comme l'un des symboles de l'affaire de l'OJAM et de la lutte pour la reconnaissance de l'identité martiniquaise.

Décès

Henri Armougon s'éteint le 3 septembre 2019 à l'âge de 75 ans.

Sa disparition suscite l'émotion chez ses anciens compagnons de combat ainsi que parmi les acteurs du mouvement nationaliste martiniquais.

Héritage

Henri Armougon demeure associé à l'un des événements les plus marquants de l'histoire politique de la Martinique au XXᵉ siècle.

Son parcours symbolise le :

  • Combat anticolonialiste,
  • Engagement de la jeunesse martiniquaise des années 1960,
  • Affaire historique de l'OJAM,
  • Revendication du droit des Martiniquais à décider de leur avenir....

Laissez un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.

Se connecter

Pas encore de compte ? Créez-en un ici

Commentaires récents

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !


Nos autres personnalités martiniquaises

Découvrez la liste complète : Personnalité martiniquaise