
| An kréyol | Roukou |
Bixa orellana L. |
|
| Adresse | Antilles et Amérique du Sud |
| Catégorie | Fruits |
Le roucou, connu scientifiquement sous le nom Bixa orellana et appelé en créole woukou, est un petit arbre tropical très répandu en Martinique.
Reconnaissable à ses fruits hérissés et à leurs graines rouges éclatantes, il est à la fois plante tinctoriale, médicinale et symbolique.
Depuis les peuples amérindiens jusqu’aux communautés créoles, le roucou tient une place particulière : il colore, soigne et protège.
Dans cet article, découvrez comment reconnaître le roucou, où il pousse, comment le cultiver, ses usages traditionnels dans les Antilles, et son rôle dans la biodiversité martiniquaise et la culture créole.
Comment reconnaître le roucou
Bixa orellana est un arbuste ou petit arbre mesurant entre 2 et 5 mètres. Ses feuilles larges et cordées, d’un vert luisant, dégagent une subtile odeur aromatique lorsqu’on les froisse.
Ses fleurs, roses pâles à blanches, sont suivies de fruits ovales et hérissés, dont les capsules velues deviennent rouges à maturité. En s’ouvrant, elles révèlent des graines d’un rouge orangé intense, enrobées d’une cire colorante appelée bixine.
Ce pigment naturel est la véritable richesse du roucou : c’est lui qui donne la teinte rouge des maquillages amérindiens et plus tard, celle de certains plats créoles typiques.
Où vit-il en Martinique
Le roucou pousse dans les zones :
- Ensoleillées et bien drainées,
- Secondaires, souvent à la lisière des jardins créoles,
- Collinaires ou légèrement humides, notamment dans les communes du centre et du nord (Schoelcher, Trinité, Rivière-Pilote).
Il s’adapte bien au climat chaud et aux sols riches en matières organiques, ce qui en fait une espèce robuste et ornementale. De nombreux jardins familiaux en conservent un exemplaire, autant pour l’usage que pour la beauté.
Comment le cultiver ou l’observer
Cultiver le roucou en Martinique est simple et gratifiant :
- Exposition : plein soleil,
- Sol : bien drainé, fertile, légèrement humide,
- Multiplication : par semis de graines directement en pleine terre ou en pot,
- Arrosage : régulier mais modéré,
- Entretien : tailler légèrement après la fructification pour stimuler la ramification.
Il est idéal pour les haies paysagères ou les jardins ethnobotaniques, car il attire oiseaux et insectes pollinisateurs tout en apportant une touche d’exotisme.
Usages traditionnels martiniquais
Le roucou fait partie du patrimoine culturel et culinaire créole :
Usages culinaires
L’huile de roucou, obtenue par macération des graines dans de l’huile végétale, sert à colorer le riz, les viandes et les sauces créoles.
Elle donne une couleur rouge-orangé caractéristique aux plats comme les poulets boucanés, les gratinés pays, et parfois même au beurre local.
Usages traditionnels et médicinaux
- Les graines ou feuilles infusées sont traditionnellement utilisées pour apaiser ou purifier la peau,
- Dans certaines pratiques, la pâte rouge extraite des graines servait de protection solaire naturelle et comme teinture corporelle,
- Les populations amérindiennes, avant l’époque coloniale, l’utilisaient pour se peindre le corps lors des cérémonies et repousser les insectes.
Usage tinctorial
Le roucou est aussi une plante tinctoriale historique. Sa poudre rouge servait à colorer vêtements, objets artisanaux ou aliments — une tradition encore vivante dans certaines communautés caribéennes.
Bienfaits ou rôle écologique
Le roucou joue un double rôle : écologique et patrimonial.
- Il est un excellent régénérateur de sol, fixant la matière organique grâce à son feuillage caduc,
- Ses graines rouges nourrissent certains oiseaux granivores,
- Il soutient la biodiversité de jardin en fournissant ombre, abri et nectar à divers insectes.
Sur le plan économique, la bixine extraite du roucou demeure un colorant naturel précieux, utilisé dans l’industrie alimentaire (margarine, fromages, cosmétiques écologiques).
Où le trouver en Martinique
Le roucou est présent dans les :
- Jardins créoles traditionnels,
- Parcs botaniques,
- Zones rurales et vergers communautaires…
Sa floraison et fructification spectaculaires en font un atout esthétique pour tout jardin tropical.
Protection et transmission
Le roucou fait partie du patrimoine végétal caribéen à préserver.
Transmettre son usage, de la teinture naturelle aux traditions culinaires, c’est sauvegarder une mémoire ancestrale : celle des peuples amérindiens, africains et créoles qui ont façonné la culture martiniquaise.
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