Martinique A nu

René Théobald

La force du danmyé, la sagesse d'un siècle de transmission

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René Théobald, surnommé Koko Sikré, est une figure emblématique du danmyé martiniquais. Né le 17 avril 1907 au quartier Fonds Brûlé au Robert (déclaré officiellement en 1909), il est reconnu comme l'un des grands anciens de cet art martial traditionnel. Son exceptionnelle longévité, sa mémoire remarquable et sa volonté constante de transmettre ont fait de lui une référence respectée du patrimoine culturel martiniquais.

Il est le fils de Censé Théobald, agriculteur et cannelier, et de Japon Saint-Hilaire. Lorsque son père part combattre pendant la Première Guerre mondiale, il est placé à Fort-de-France avant d'être recueilli par une tante sur l'habitation La Vapeur au François.

À son retour au Robert, il vit quelque temps auprès de son père avant de partir, à l'âge de seize ans, s'installer par ses propres moyens à Fort-de-France. Il s'établit au quartier Fonds Populaire, où il construit sa maison malgré les nombreuses difficultés rencontrées à cette époque par les habitants des quartiers populaires.

Toute sa vie professionnelle est liée à la mer. Marin-pêcheur de métier, il exerce cette activité jusqu'à sa retraite et poursuit même la pêche jusqu'à l'âge de 75 ans. Il participe également au transport de marchandises entre les navires et le port de Fort-de-France.

Bien qu'il ne se soit jamais marié, il a partagé sa vie avec plusieurs compagnes en Martinique, à Sainte-Lucie et en Dominique. De ces unions naissent trois enfants. Son surnom de Koko Sikré lui est affectueusement attribué par les femmes qui ont partagé sa vie.

Dès son enfance, René Théobald se distingue par son goût pour la lutte et le combat. Cette passion le conduit naturellement vers le danmyé, discipline dans laquelle il développe rapidement une solide réputation.

Au cours de sa carrière de combattant, il fréquente les principaux lieux de pratique du danmyé à travers l'île :

  • Les Trois-Îlets ;
  • Le Vauclin ;
  • Bellefontaine ;
  • Schœlcher ;
  • Le Prêcheur ;
  • Sainte-Marie ;
  • Fort-de-France.

Il côtoie plusieurs grandes figures du danmyé et du bèlè, notamment :

  • Andréa ;
  • Ti Émile Casérus ;
  • Simon Haustan ;
  • Victor Jacquot ;
  • Julien Anatole ;
  • Jonas ;
  • Nosiyis ;
  • Réach ;
  • Ti Penn.

Il nourrit une admiration particulière pour Andréa, dont il apprécie le chant et le jeu de tambour.

Combattant redouté, René Théobald participe notamment à sept combats organisés par Maxime Belli à Gallieni et les remporte tous. Son style repose principalement sur le lité (corps à corps) et les coups de poing, tandis qu'il utilise moins fréquemment les coups de pied. Il privilégie le goumen danmyé, forme traditionnelle du combat avec impacts réels, avant de pratiquer plus tard le danmyé anmizé, davantage démonstratif.

Sa préparation physique repose sur les principes traditionnels de son époque : alimentation naturelle, activité physique quotidienne liée aux métiers de la mer, connaissance des plantes médicinales et entraînements réguliers avec d'autres combattants expérimentés.

À plus de cent ans, René Théobald impressionne encore par sa lucidité, sa mémoire, sa mobilité et son désir de partager ses connaissances. Son témoignage constitue une source précieuse pour les nouvelles générations de pratiquants souhaitant mieux comprendre l'histoire et les valeurs du danmyé.

Par son parcours, René Théobald demeure l'un des témoins majeurs de la tradition martiniquaise du danmyé au XXᵉ siècle.

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