Alfred Marie-Jeanne est une figure politique majeure de la Martinique, chef historique du Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM) et premier président de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).
Né à Rivière‑Pilote le 15 novembre 1936, il s’affirme dès les années 1970 comme l’un des principaux artisans du courant autonomiste et indépendantiste martiniquais.
Son parcours, marqué par la fondation du MIM, son mandat de député et sa présidence de la CTM, fait de lui une personnalité incontournable de la vie politique martiniquaise contemporaine.
Parcours politique et engagement territorial
Fils d’une Martiniquaise et d’un gendarme français, Alfred Marie-Jeanne grandit à Rivière‑Pilote, commune où son engagement politique prend racine.
En 1971, il se présente pour la première fois aux élections municipales de la commune et l’emporte avec 2 102 voix contre Jules Sauphanor, candidat de droite, marquant son entrée durable dans la vie publique locale.
En 1973, il fonde le mouvement La parole au Peuple, qui devient en 1978 le Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), aux côtés de figures emblématiques comme Garcin Malsa, Marc Pulvar, Lucien Veilleur et Pierre Nacitas.
Le MIM devient l’un des principaux partis indépendantistes de la Martinique et structure le discours politique autour de l’autonomie, de la justice sociale et de la reconnaissance de l’identité créole.
Présence dans les instances régionales et générales
En 2010, lors des élections régionales, Alfred Marie-Jeanne conduit la liste « Les patriotes martiniquais et sympathisants » face au PPM de Serge Letchimy.
Au second tour, sa liste obtient 41% des voix et 12 sièges au conseil régional, marquant la résilience du courant indépendantiste malgré la défaite devant Serge Letchimy.
Sur les 12 élus de cette liste, 8 sont membres du MIM :
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Daniel Marie‑Sainte
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Vincent Duville
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Francine Carius
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Sandrine Saint‑Aimé
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Marie‑Line Lesdéma
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Sylvain Bolinois
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Aurélie Dalmat
Daniel Marie‑Sainte devient ainsi 11ᵉ vice‑président du conseil régional, symbolisant l’ancrage institutionnel du MIM.
Lors des élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, le MIM gagne brillamment son fief de Rivière‑Pilote, mais est battu dans tous les autres cantons où il présente un candidat (Fort‑de‑France 3, Trois‑Îlets, François 2, Le Lamentin 2, Schœlcher 2, Rivière‑Salée, Sainte‑Marie 2, Trinité).
Le 31 mars 2011, Lucien Adenet et Jean‑Philippe Nilor sont élus assesseurs à la commission permanente du conseil général de Martinique, ce qui renforce la présence du MIM au sein des institutions décentralisées.
Mandat de député (1ère circonscription)
En 2012, pour la première fois, Alfred Marie‑Jeanne se présente dans la 1ʳᵉ circonscription de Martinique. Il arrive en tête au premier tour avec 6 496 voix (28,46% des suffrages).
Au second tour, il est élu député avec 15 238 voix (52,43%), battant le député socialiste sortant Louis‑Joseph Manscour de 1 494 voix.
À l’Assemblée nationale, il intègre le groupe parlementaire Gauche démocrate et républicaine (GDR), où il s’inscrit dans la famille des élus non insoumis, défendant les causes ultramarines, l’autonomie et la justice sociale.
Parallèlement, Jean‑Philippe Nilor, autre figure du MIM, est élu député de la 4ᵉ circonscription avec 20 204 voix (69,41%), ce qui consolide la présence indépendantiste à l’Assemblée nationale.
Présidence de la Collectivité territoriale de Martinique
En 2015, Alfred Marie‑Jeanne conduit la liste régionaliste « Gran Sanblé » lors des élections de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).
Il s’allie avec Yan Monplaisir et sa liste « Ba Péyi-a an Chans », formant la coalition « Gran sanblé pou ba Péyi‑a an chans ».
Le 12 décembre 2015, Alfred Marie‑Jeanne est élu premier président de la CTM, structure fusionnant les compétences du Conseil régional et du Conseil général.
Sa présidence marque un tournant institutionnel pour la Martinique, en renforçant le cadre de l’autonomie politique et administrative.
Collaborations et alliances politiques
La carrière d’Alfred Marie‑Jeanne est marquée par des alliances et des confrontations majeures, notamment :
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Avec le PPM de Serge Letchimy lors des élections régionales de 2010, puis des élections de la CTM en 2015.
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Avec Yan Monplaisir autour de la coalition régionaliste « Gran Sanblé », qui lui permet de devenir président de la CTM.
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À l’intérieur du MIM, avec une génération de cadres et d’élus : Garcin Malsa, Marc Pulvar, Lucien Veilleur, Pierre Nacitas, Daniel Marie‑Sainte, Vincent Duville, Jean‑Philippe Nilor, Francine Carius, Sandrine Saint‑Aimé, Marie‑Line Lesdéma, Sylvain Bolinois, Aurélie Dalmat, Lucien Adenet, etc.
Ces collaborations illustrent son rôle de coordinateur stratégique au sein du mouvement indépendantiste, tout au long de plusieurs décennies.
Héritage politique et identité martiniquaise
Alfred Marie‑Jeanne incarne la lutte pour la reconnaissance de l’identité martiniquaise au sein d’un cadre institutionnel complexe, à la fois français, régional et ultramarin.
La création du MIM a profondément structuré le discours indépendantiste et autonomiste en Martinique, offrant une tribune durable à une génération d’élus, de militants et de cadres.
En devenant le premier président de la CTM, il marque un moment historique dans l’autonomie politique de l’île, symbolisant l’entrée des courants indépendantistes dans les instances de gouvernance territoriale.
Pour une partie importante de la société martiniquaise, Alfred Marie‑Jeanne reste l’un des fers de lance de la créolité politique, du refus de la dépendance coloniale et de l’affirmation d’un projet alternatif fondé sur la justice sociale, la souveraineté économique et la réappropriation de l’espace public.

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