
| An kréyol | krapolad |
Rhinella marina |
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| Catégorie | Amphibiens |
Le crapaud buffle (Rhinella marina), aussi appelé crapaud bœuf ou crapaud géant, est un amphibien anoure de la famille des Bufonidés. Originaire d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, il s’agit de l’un des plus gros crapauds existants. Reconnaissable à sa peau épaisse et rugueuse, couverte de glandes toxiques, il produit une sécrétion venimeuse dissuadant la plupart de ses prédateurs.
Introduit au début du XIXe siècle en Martinique et dans d’autres îles des Antilles, il devait lutter contre les insectes ravageurs des plantations de canne à sucre. Mais en l’absence de prédateurs naturels, cette espèce a vu ses populations exploser, devenant invasive et représentant une menace pour la biodiversité locale.
Caractéristiques biologiques
- Taille : jusqu’à 10 cm, parfois plus de 15 cm pour les plus grands individus,
- Poids : peut dépasser 2 kg à l’âge adulte,
- Couleur : brun, beige ou verdâtre avec des motifs irréguliers,
- Peau : granuleuse et dotée de grosses glandes parotoïdes sécrétant une toxine défensive,
- Mode de vie : nocturne, actif surtout la nuit, se cache le jour sous les pierres, souches ou végétation,
- Régime alimentaire : carnivore opportuniste (insectes, vers, petits amphibiens, petits reptiles, et parfois même de jeunes crapauds de la même espèce !).
Reproduction
La période de reproduction se déroule pendant la saison humide. Les femelles pondent plusieurs milliers d’œufs en longs chapelets gélatineux déposés dans les mares, étangs ou flaques.
Les têtards éclosent après quelques jours, subissent leur métamorphose en un mois environ, et il n’y a aucun soin parental.
Espérance de vie
Dans la nature, un individu peut vivre jusqu’à 10 ans, parfois plus en captivité.
Habitat et répartition en Martinique
En Martinique, le crapaud buffle est présent dans une grande diversité d’environnements :
- Mangroves et zones humides littorales
- Forêts sèches et lisières des forêts humides
- Abords agricoles et pâturages
- Zones urbaines ou périurbaines, où il trouve abris et points d’eau
On le rencontre particulièrement sur la Presqu’île de la Caravelle, la forêt de Montravail et dans les zones agricoles du sud et du centre de l’île. L’espèce s’adapte aisément aux milieux anthropisés, profitant des plans d’eau artificiels et des jardins tropicaux.
Rôle et impact écologique
Dans son environnement d’origine, le crapaud buffle joue un rôle de prédateur d’insectes nuisibles. Mais en Martinique, où il a été introduit, il déséquilibre les écosystèmes : il concurrence les amphibiens indigènes, empoisonne certains prédateurs (mangoustes, serpents, oiseaux) et perturbe la chaîne alimentaire.
L’espèce est aujourd’hui considérée comme invasive, et fait l’objet d’une surveillance par des institutions telles que le Parc naturel régional de la Martinique et des associations locales de protection de la faune.
Interactions avec les humains
Historiquement perçu comme un allié des agriculteurs, le crapaud buffle est désormais vu comme un problème écologique. Sa toxine peut irriter la peau humaine et s’avère dangereuse pour les animaux domestiques, notamment les chiens qui le mordent par curiosité.
Dans la culture populaire, il est souvent associé à la résilience, au mystère de la nature tropicale, mais aussi à la vigilance face aux dérives écologiques humaines : un rappel que chaque introduction d’espèce a des conséquences.
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