Patrick Doré, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de la Martinique (UGTM), est décédé à l’âge de 61 ans après plusieurs semaines d’hospitalisation, laissant derrière lui la trace d’un homme jovial, passionné et sensible qui a marqué le mouvement syndical et le secteur de la santé en Martinique.
Membre de la direction de l’UGTM depuis 2006, il était également engagé dans la défense de la culture créole comme tanbouyé talentueux au sein du groupe traditionnel Bèlènou depuis 1980, incarnant le lien entre luttes sociales et patrimoine immatériel antillais.
Parcours et formation
Patrick Doré grandit en Martinique, dans un contexte où les réalités sociales, les inégalités et les combats ouvriers structurent la société martiniquaise des années 1970-1980. Très tôt, il s’engage dans le mouvement syndical, rejoignant l’UGTM, centrale historique ancrée dans les luttes pour les droits des travailleurs, l’amélioration des conditions de vie et la reconnaissance des spécificités caribéennes.
Parallèlement, il développe une passion pour la musique traditionnelle, intégrant en 1980 le groupe Bèlènou, où il se révèle comme un tanbouyé (joueur de tambour) talentueux, participant à la transmission du bèlè, danse et rythme emblématiques du patrimoine immatériel martiniquais.
Engagements, fonctions et actions majeures
Secrétaire général de l’UGTM, Patrick Doré occupe un rôle central dans la défense des droits des travailleurs martiniquais, notamment dans le secteur de la santé, où il porte les revendications du personnel soignant face aux défis structurels et aux réformes.Membre de la direction de l’UGTM depuis 2006, il pèse dans les négociations sociales, les mobilisations et les dialogues avec les institutions, affirmant une ligne syndicale attentive aux réalités insulaires.
Son engagement s’étend au mouvement APAL (Asé pléré annou lité), où il contribue à des actions de proximité, reliant syndicalisme, culture et développement local. Au sein de Bèlènou, il perpétue la tradition du bèlè, rythmes et danses qui expriment la mémoire collective, la résistance et la joie de vivre de la culture créole.
Rayonnement et reconnaissance
Patrick Doré est reconnu comme une figure respectée du syndicalisme martiniquais, apprécié pour son écoute, sa capacité à fédérer et son ancrage dans les luttes concrètes des travailleurs. Sa double casquette de syndicaliste et de musicien traditionnel fait de lui un passeur entre monde du travail et culture populaire, incarnant une vision holistique de l’engagement au service de la société antillaise.
Son nom reste associé à des avancées sociales dans la santé, à des mobilisations marquantes et à une présence chaleureuse dans les rassemblements culturels, où son tambour résonnait comme un appel à l’unité et à la fierté créole.
Héritage et mémoire
L’héritage de Patrick Doré se mesure à la fois dans les conquêtes sociales portées par l’UGTM et dans la transmission vivante du bèlè, patrimoine immatériel qui relie les générations et célèbre l’identité martiniquaise. Son parcours illustre la richesse d’un engagement qui unit revendications sociales et affirmation culturelle, dans une Martinique en quête de reconnaissance et d’autonomie.
Sa mémoire perdure dans les cercles syndicaux, les groupes de musique traditionnelle et les cœurs de ceux qui ont croisé sa route, marqué par sa jovialité et sa sensibilité.
Dernier hommage
Patrick Doré s’éteint à 61 ans après une hospitalisation de plusieurs semaines, suscitant une vague d’hommages de la part des syndicats, des acteurs culturels et de la population martiniquaise.
« Ce n’est qu’un au revoir Patrick » : ces mots résument l’émotion collective face à la disparition d’une figure qui a su allier combat social et amour de la culture créole.

💬 Laissez un commentaire
🛑 Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Se connecterPas encore de compte ? Créez-en un ici
Commentaires récents
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !