Simone Vaïty est l’une des figures majeures de la recherche et de la transmission du bèlè martiniquais, à la croisée de l’ethnomusicologie, de l’enseignement et de la création artistique. Docteure en musicologie de l’Université des Antilles, elle incarne une trajectoire construite sur la durée, entre rigueur académique et fidélité aux traditions populaires de l’île.
Origines et trajectoire
Simone Vaïty grandit dans un environnement martiniquais où la musique traditionnelle, le tambour et les danses populaires occupent une place centrale. Son parcours se construit progressivement, entre l’apprentissage du Bèlè, l’enseignement et la recherche universitaire.
Elle entreprend des études de musicologie et d’ethnomusicologie à l’université des Antilles où elle soutient sa thèse de doctorat le 16 décembre 2016, sous la direction d’Apollinaire Anakesa Kululuka. Cette formation académique lui donne une légitimité forte pour aborder les enjeux de transmission et de valorisation du patrimoine musical martiniquais.
Parcours et réalisations
Simone Vaïty est docteure en musicologie et ethnomusicologie, avec une thèse de 623 pages intitulée « La question de la modernité dans l’art bèlè martiniquais », soutenue en 2016. Son travail questionne les dimensions artistiques du Bèlè et son inscription dans la modernité, depuis l’expansion coloniale jusqu’aux renouvellements contemporains.
Elle est aussi artiste et pédagogue du Bèlè, avec une expérience de transmission auprès des jeunes générations. Elle a publié plusieurs albums, dont « Vaïty duo bèlè » en 2004 et « Vaïty Noony » en 2014, qui témoignent de son engagement dans la création musicale .
L’album « Vaïty Noony » : un hymne à la tradition
En signant « Noony », Vaïty, que l’on ne présente plus dans le domaine de la musique traditionnelle et du Bèlè, invite à une réflexion soutenue par la musique et qui rappelle à l’essentiel : le patrimoine culturel des mornes et de l’arrière-pays . Le Noni est un fruit issu d’une plante sauvage qui pousse dans les régions tropicales, et « Noony » (nou ni) signifie aussi en créole : « nous avons, nous en avons » .
« Noony » vient affirmer au monde entier la culture Bèlè martiniquaise et représente toutes ces grandeurs d’âme, ces hommes et ces femmes de valeur qui peuplent les régions antillo-guyanaises, souvent ignorées ou délaissées comme des Nonis . Parmi ces figures, on peut citer Martinvallet, Gérard Lockel, Léna Blou en Martinique, Jean-Paul Agarande en Guadeloupe et Man Serotte en Guyane .
Le concept du « Wèlto » : une nouvelle esthétique
« Noony » est un concept novateur de musiques actuelles issu des fonctions du Bèlè et qui s’inscrit dans la création d’une musique nouvelle : le « Wèlto » . À l’instar des grands combos cubains, à partir d’une base rythmique conventionnelle (basse, batterie, piano), il allie cuivres, instruments de percussion, chant et danse, cette dernière constituant un élément essentiel du spectacle .
Vaïty propose sous cette forme d’orchestre une autre manière d’intégrer le Bèlè et ses fondements dans une autre esthétique . Ce concept de musique actuelle « Wèlto » a été initié par le groupe homonyme, en prolongement du « Mizik Bèlè » du groupe « Bèlènou » d’Edmond Mondésir.
Collaborations et affiliations
Simone Vaïty est membre de la Société française d’ethnomusicologie, où elle participe aux travaux de recherche et aux échanges scientifiques. Son parcours croise celui d’Apollinaire Anakesa Kululuka, son directeur de thèse, figure majeure de l’ethnomusicologie caribéenne.
Elle collabore aussi avec des institutions universitaires et culturelles martiniquaises, notamment l’Université des Antilles, où elle a soutenu sa thèse. Cette dimension académique renforce son profil de spécialiste des musiques traditionnelles caribéennes.
Singularité, valeurs ou apport spécifique
Ce qui distingue Simone Vaïty, c’est d’abord sa double compétence de chercheuse et d’artiste, qui lui donne une expertise particulière sur les enjeux de transmission et de création. Son apport à la connaissance du Bèlè martiniquais est reconnu comme précieux dans les postes de responsabilité qu’elle a occupés.journals.
Elle défend une vision du patrimoine musical fondée sur la transmission vivante, la valorisation des traditions et le respect de l’identité martiniquaise. Cette posture la place dans une lignée de chercheurs et d’artistes qui cherchent à concilier rigueur académique et fidélité aux pratiques populaires.
Rayonnement et héritage
Simone Vaïty incarne, à ce stade, une forme de continuité intellectuelle et artistique dans la vie martiniquaise, entre fidélité au patrimoine et volonté de faire vivre les traditions. Son parcours, de la recherche universitaire à la création musicale, donne à son engagement une profondeur particulière.
Son héritage se construit autour de cette idée : faire de la musicologie un outil de transmission et de valorisation du patrimoine martiniquais, dans une logique de respect des traditions et de renouvellement créatif. Dans la mémoire collective martiniquaise, son nom s’ajoute à ceux qui ont pensé et porté les enjeux de culture et de patrimoine de l’île.

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