Stéphen Laviolette, surnommé misié Laviolet ou Pè Lavio, est une figure majeure du danmyé martiniquais et l'un des grands anciens de cette discipline traditionnelle.
Originaire du quartier Grand Macabou au Vauclin, il est reconnu comme un met Danmyé pour sa maîtrise du combat traditionnel ainsi que pour son engagement dans la transmission et la réorganisation du danmyé en Martinique.
Installé durant une grande partie de sa vie à Châteaubœuf, à Fort-de-France, il exerce successivement les métiers de travailleur agricole, d'éleveur et de boucher. Parallèlement à ses activités professionnelles, il consacre une large part de son existence à la pratique et à la défense des traditions culturelles martiniquaises.
Pratiquant passionné, Stéphen Laviolette maîtrise l'ensemble des techniques du danmyé traditionnel. Son style de combat s'appuie notamment sur les kout pié (coups de pied), les kout tjok et le lité (corps à corps), pour lequel il manifeste une préférence particulière. Il pratique aussi bien le goumen danmyé, combat avec coups portés, que le danmyé anmizé, forme plus démonstrative où les coups sont contrôlés.
À partir de 1982-1983, il devient l'un des soutiens les plus actifs du mouvement de réorganisation du danmyé engagé par Lékol Danmyé AM4. Durant plusieurs années, il participe régulièrement aux entraînements organisés à Bòkannal, où il joue un rôle important dans la formation et l'encadrement des pratiquants.
Il prend part à de nombreuses manifestations consacrées à la promotion du danmyé :
- Bò Lawotonn,
- Sanmdi Gloriya,
- Konvwa en Guadeloupe (1987),
- divers Konvwa en Martinique,
- plusieurs éditions des Nuits des arts martiaux.
Souhaitant préserver l'authenticité de la discipline, il participe également aux travaux de réflexion visant à harmoniser les pratiques et les règles du danmyé. Il contribue notamment au séminaire des danmyétè organisé en 1996 ainsi qu'au forum sur la réorganisation du danmyé en 2001.
Son engagement le conduit naturellement à prendre part à la création de la Sosiété Danmyé Matinik (SDM) le 28 octobre 2001, organisation destinée à promouvoir et structurer la pratique du danmyé en Martinique.
Entre 1984 et 1991, il participe également aux démonstrations et tournois organisés par Victor Jacquot dans plusieurs communes de l'île, notamment :
- Gros-Morne,
- Le Lamentin,
- Les Trois-Îlets,
- Le Morne-Rouge.
Au-delà du combat, Stéphen Laviolette possède une connaissance approfondie des dimensions musicales du danmyé. Il contribue à la transmission des différences entre les rythmes tibwa konba anmizé et tibwa konba sérié, ainsi qu'à l'enseignement du jeu du tanbou dé bonda. Grâce à son activité professionnelle, il fournit également des peaux de cabris et de moutons à plusieurs tanbouyé afin de soutenir la fabrication des tambours traditionnels.
Reconnu pour son franc-parler, sa rigueur et son sens de l'effort, il défend une vision exigeante du danmyé. Il estimait que la pratique devait rester fidèle à son essence et refusait sa folklorisation, insistant sur l'importance de l'apprentissage réel du combat et du respect des traditions.
Même affaibli par la maladie dans les dernières années de sa vie, il continue de conseiller les pratiquants qui viennent le consulter et demeure une référence respectée du monde du danmyé.
Stéphen Laviolette décède le 23 juillet 2015 à l'âge de 79 ans. Son héritage continue de nourrir le mouvement de transmission et de préservation du danmyé martiniquais.

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