Martinique A nu

L'Iguane des Petites Antilles

Incarne l’équilibre fragile en Martinique

An kréyol iguane péyi

Iguana delicatissima

Adresse Espèce endémique de la Martinique
Catégorie Reptiles
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L’iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) est un grand lézard emblématique des Petites Antilles, aujourd’hui gravement menacé et extrêmement rare en Martinique, où il subsiste surtout sur quelques îlets préservés comme l’îlet Chancel. 

Espèce protégée et endémique de la région, il joue un rôle clé dans la dynamique de la végétation côtière et sèche en dispersant les graines.​

Identification et statut écologique

L’iguane des Petites Antilles porte le nom scientifique Iguana delicatissima, parfois appelé localement « iguane péyi » ou « iguane antillais ». C’est une espèce endémique des Petites Antilles, historiquement présente de l’arc nord (Anguilla) jusqu’à la Martinique.​

L’espèce est aujourd’hui classée En danger d’extinction à l’échelle mondiale (UICN) et bénéficie d’un statut d’espèce intégralement protégée en Martinique et en Guadeloupe depuis 1989. En Martinique, sa régression est liée à la destruction des habitats littoraux et à la concurrence de l’iguane vert introduit (Iguana iguana), avec lequel il s’hybride.​

Présence en Martinique et origine

En Martinique, l’iguane des Petites Antilles survit principalement sur quelques îlots et secteurs littoraux naturels, en particulier l’îlet Chancel, au large du Robert, où l’on trouve la population la mieux connue. On le rencontre surtout dans les forêts sèches littorales, les fourrés côtiers, les falaises et les zones de mangrove arbustive encore peu urbanisées.​

Son origine est caraïbe, l’espèce étant strictement limitée à l’arc des Petites Antilles et absente du continent sud-américain, où vit l’iguane vert. Les populations de Martinique représentent donc un maillon important pour la survie de l’espèce à l’échelle régionale, aux côtés de la Guadeloupe et de la Dominique.​

Rôle écologique

Herbivore strict ou majoritairement folivore, l’iguane des Petites Antilles consomme feuilles, fleurs et fruits d’arbustes et d’arbres côtiers, contribuant au broutage de la végétation et à la dispersion des graines. Il joue ainsi un rôle de consommateur primaire essentiel dans les forêts sèches littorales et les lisières de mangroves.​

En tant que gros reptile terrestre, il constitue aussi une proie potentielle pour quelques prédateurs naturels (rapaces, grands serpents là où ils sont présents) et pour les mammifères introduits (mangoustes, chiens errants, chats). La disparition de l’iguane péyi perturbe donc l’équilibre de ces communautés côtières déjà fragilisées par l’urbanisation.​

Morphologie et caractéristiques physiques

L’Iguana delicatissima est un grand lézard pouvant dépasser 1,30 à 1,50 m, queue comprise, avec un corps massif mais plus fin et plus « élégant » que l’iguane vert. L’adulte présente une couleur généralement gris-brun à verdâtre, parfois avec des nuances olivâtres, la tête pouvant être plus claire ou légèrement rosée selon les populations et les individus.​

Il se distingue de l’iguane vert par l’absence de grosses taches sombres sur le corps, par des écailles de la tête plus fines, et par une crête dorsale moins développée. Les jeunes sont en général plus verts et plus discrets, ce qui les rend difficiles à repérer dans la végétation dense des littoraux martiniquais.​

Mode de vie et alimentation

L’iguane des Petites Antilles est un reptile diurne, actif surtout le matin et en fin d’après-midi, lorsqu’il s’expose volontiers au soleil sur les branches ou les rochers pour se thermoréguler. C’est une espèce plutôt sédentaire, qui occupe un territoire relativement stable, composé de zones de repos, de sites d’alimentation et de sites de ponte.​

Son régime alimentaire est majoritairement herbivore : feuilles de jeunes pousses, fleurs, fruits et parfois bourgeons de diverses plantes des forêts sèches et de la végétation littorale. En consommant et en disséminant les graines via ses déjections, il participe à la régénération de nombreuses espèces d’arbres et d’arbustes indigènes des Petites Antilles.​

Reproduction et cycle de vie

La reproduction de l’iguane des Petites Antilles se déroule en général en saison sèche, avec une période de ponte concentrée autour de la fin de la saison sèche et du début de la saison des pluies, ce qui favorise la survie des jeunes. La femelle creuse un terrier dans un sol meuble, souvent en zone ouverte bien exposée au soleil, où elle dépose une ponte de plusieurs œufs (souvent plusieurs dizaines), ensuite incubés naturellement par la chaleur du sol.​

Après la ponte, il n’existe pas de soins parentaux prolongés : les œufs se développent seuls et les jeunes sont autonomes dès l’éclosion, ce qui les rend vulnérables aux prédateurs et aux dérangements sur les sites de ponte. 

En milieu naturel, l’espérance de vie d’un iguane péyi peut dépasser une dizaine d’années, et potentiellement bien davantage dans des conditions optimales.​

Habitat et répartition locale

En Martinique, l’iguane des Petites Antilles est associé prioritairement :

  • Aux forêts sèches littorales et fourrés xérophiles.,
  • Aux falaises côtières, îlots rocheux et savanes arbustives du littoral.​

L’îlet Chancel, dans la baie du Robert, est l’un des principaux sites de présence en Martinique et un lieu souvent cité pour l’observation de l’espèce. L’espèce évite en général les zones d’altitude élevée et les forêts humides intérieures, préférant un climat chaud, sec à semi-sec, avec une végétation de type bois sec, savane arbustive et mangrove arbustive.​

Adaptation aux milieux anthropisés

L’iguane péyi supporte mal la forte urbanisation et la transformation des littoraux en zones touristiques, industrielles ou résidentielles denses. Il peut toutefois subsister dans des zones agricoles extensives ou des jardins semi-naturels proches de forêts sèches, dès lors que des arbres et haies indigènes sont conservés.​

L’introduction de l’iguane vert dans des milieux anthropisés (zones portuaires, abords urbains, friches) renforce la pression de compétition et d’hybridation, ce qui accélère le recul de l’iguane des Petites Antilles aux marges de ces secteurs modifiés.​

Interactions, prédateurs et comportement

Les principaux prédateurs potentiels de l’iguane péyi sont :

  • Les mammifères introduits (mangoustes, chiens et chats errants), surtout pour les œufs et les jeunes.,
  • Certains rapaces qui peuvent capturer des juvéniles ou des petits subadultes.​

L’espèce entre en compétition forte avec l’iguane vert pour l’espace, la nourriture et les sites de ponte, cette dernière étant aggravée par les hybridations qui diluent le patrimoine génétique de l’iguane des Petites Antilles. L’iguane péyi est globalement craintif et fuit l’homme, mais peut se défendre par une morsure ou un coup de queue s’il est saisi ou acculé.​

Relations avec les humains en Martinique

Sur certains îlets, l’iguane des Petites Antilles est devenu un atout écotouristique, observé lors de visites guidées à partir de communes littorales comme Le Robert. Il participe à l’image d’une Martinique sauvage et préservée, où la faune endémique est un élément fort de l’expérience de découverte de l’île.​

Historiquement, les iguanes pouvaient être chassés pour leur chair dans certaines îles de la Caraïbe, mais cette pratique est aujourd’hui interdite pour l’iguane des Petites Antilles, compte tenu de son statut d’espèce protégée. Les programmes de sensibilisation insistent désormais sur la nécessité de respecter les iguanes, de ne pas les nourrir, ni les manipuler, et de limiter le dérangement sur les sites de ponte et de repos.​

Menaces principales

Les menaces pesant sur l’iguane des Petites Antilles en Martinique sont nombreuses :

  • Destruction et fragmentation des habitats littoraux (urbanisation, infrastructures, fréquentation touristique).,
  • Compétition et hybridation avec l’iguane vert (Iguana iguana), espèce exotique envahissante,
  • Prédation accrue par les mammifères introduits (mangouste, chien, chat),
  • Braconnage et captures illégales, bien que strictement interdites.​

Cette combinaison de pressions explique la régression spectaculaire de l’espèce à l’échelle de la Caraïbe et le maintien de seulement quelques noyaux de populations en Guadeloupe, Dominique et Martinique. Sans mesures de conservation fortes, l’iguane péyi risque l’extinction locale sur plusieurs îles, dont la Martinique.​

Statut de protection et conservation

L’iguane des Petites Antilles est :

  • Inscrit comme espèce en danger sur la Liste rouge de l’UICN.,
  • Protégé par un arrêté ministériel depuis 1989 dans les départements français d’outre‑mer concernés (Martinique, Guadeloupe, Saint‑Martin).​

Un Plan national d’actions (PNA) Iguane des petites Antilles a été mis en place (2011‑2015 puis 2018‑2022) sous la coordination des services de l’État, avec une forte implication du Parc naturel régional de la Martinique et des réseaux associatifs. Ce plan vise à renforcer la connaissance, la protection des habitats, la lutte contre l’iguane vert et la sensibilisation du public insulaire et des visiteurs.​

Mesures locales en Martinique

En Martinique, plusieurs mesures concrètes existent :

  • Réglementation stricte interdisant la capture, le transport, la détention et la vente de l’iguane des Petites Antilles.,
  • Arrêtés préfectoraux autorisant la capture et la régulation de l’iguane vert pour limiter son impact sur l’iguane péyi.​

Le Parc naturel régional de la Martinique et d’autres partenaires naturalistes mènent des actions de suivi des populations, de gestion d’habitats littoraux et de sensibilisation auprès des habitants, des scolaires et des professionnels du tourisme. Ces actions sont essentielles pour maintenir des populations viables sur des sites emblématiques comme l’îlet Chancel et d’autres îlots ou falaises du littoral martiniquais.​

Dimension culturelle et symbolique

L’iguane occupe une place particulière dans l’imaginaire caribéen, où il est souvent associé à l’idée de nature sauvage, de force tranquille et de lien ancien avec les paysages côtiers. Dans la Martinique contemporaine, l’iguane péyi tend à devenir un symbole de la biodiversité menacée, au même titre que d’autres espèces rares, et un porte-drapeau de la protection des forêts sèches et des îlots.​

Les actions d’écotourisme et d’éducation à l’environnement l’utilisent comme espèce emblématique, permettant de raconter l’histoire des Petites Antilles, des espèces invasives et de la responsabilité de chacun dans la préservation de l’île aux fleurs. 

Sa présence dans les supports pédagogiques, les visites guidées et la communication des organismes locaux renforce son rôle dans l’identité naturelle martiniquaise.​

Tableau récapitulatif

AspectDétail essentiel
Nom vernaculaireIguane des Petites Antilles (iguane péyi, iguane antillais) ​
Nom scientifiqueIguana delicatissima
Statut écologiqueEndémique des Petites Antilles, espèce menacée ​
Statut UICNEn danger d’extinction (espèce en danger) ​
Présence en MartiniquePrincipalement îlet Chancel et littoraux à forêts sèches ​
Habitat cléForêts sèches littorales, falaises, fourrés côtiers, îlots rocheux ​
Rôle écologiqueHerbivore, disperseur de graines, consommateur primaire ​
Menace principaleDestruction d’habitats, iguane vert envahissant, prédation, dérangements ​
Protection localeEspèce intégralement protégée, PNA Iguane des Petites Antilles, actions du Parc naturel régional de la Martinique

Depuis 1989, l'iguane des Petites Antilles est protégé, mais les efforts de conservation doivent être intensifiés pour assurer sa survie à long terme. Des actions de réintroduction et de protection de son habitat sont essentielles pour sauvegarder cette espèce unique.

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