Martinique A nu

Couresse de la Martinique

Serpent endémique, trésor menacé des Antilles

Couresse de la Martinique
© Ineich Ivan, MNHN

Erythrolamprus cursor

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La Couresse de Martinique (Erythrolamprus cursor), autrefois appelée Liophis cursor, est un serpent endémique de Martinique et des Petites Antilles. 

De taille modérée (entre 50 cm et 1,5 m), ce reptile terrestre privilégiait autrefois les forêts humides primaires et secondaires, milieux riches en abris et proies, sur la Martinique continentale.​

Habitat ancien et adaptation extrême

Historiquement très commun au XVIIIe et XIXe siècle, la Couresse occupait toute l’île. 

Sa disparition progressive est liée à de multiples facteurs : introduction de prédateurs (notamment la mangouste), destruction de l’habitat naturel, et confusion fréquente avec le trigonocéphale (serpent venimeux local).​

Depuis 1965, la dernière zone de présence avérée correspond au Rocher du Diamant, îlet volcanique de 5,8 ha au large de la côte sud. 

Ce site se distingue par une végétation sèche (Cereus sp., Capparis flexuosa, Plumeria alba …) et l’absence d’amphibiens – proies traditionnelles de la Couresse. 

Pour survivre, E. cursor a dû adapter son régime alimentaire : elle aurait consommé majoritairement des lézards (Anolis spp.), petits mammifères (Mus musculus), et potentiellement des œufs d’oiseaux marins.​

La couleuvre couresse est une espèce endémique emblématique associée aux écosystèmes forestiers et volcaniques de la Martinique notamment ceux de la Montagne Pelée, où sa survie dépendrait des conditions spécifiques de ce massif protégé.

Statut actuel et menaces de conservation

La Couresse de Martinique est classée « Critiquement en danger, Possiblement éteinte » sur la liste rouge UICN

Plusieurs menaces majeures expliquent ce statut :​

  • Introduction de prédateurs : La mangouste a éradiqué de nombreux reptiles insulaires sur la Martinique continentale,
  • Rongeurs invasifs au Rocher du Diamant : Les souris peuvent s’attaquer aux œufs et aux juvéniles, diminuant les chances de reproduction,
  • Déclin démographique et risque génétique : Les populations réduites sont vulnérables à la consanguinité et aux aléas climatiques (sécheresses, tempêtes),
  • Changement d’habitat : Passage des forêts humides aux milieux volcaniques secs – une adaptation radicale.​

Malgré une mission scientifique de 10 jours en 2013, aucune observation récente n’a été validée, renforçant l’hypothèse de l’extinction.​

Espèces proches et études comparatives

La Couresse de la Dominique (Erythrolamprus juliae), proche cousine, survit encore sur plusieurs îles (Dominique, Guadeloupe, Marie-Galante). 

Ces populations servent de modèle pour mieux comprendre la biologie et l’écologie de la Couresse de Martinique.​

Recherche et perspectives de sauvegarde

Les Antilles forment un hotspot de diversité où chaque espèce endémique compte. Des études génétiques et l’analyse des spécimens de collection permettraient de clarifier les causes du déclin (bottleneck génétique, régime alimentaire). 

La protection effective des îlets isolés et l’éradication des prédateurs sont essentielles pour sauvegarder cette biodiversité exceptionnelle.

La Couresse de la Martinique, bien que probablement éteinte, reste un symbole de la richesse naturelle de l'île et des dangers posés par les espèces envahissantes.

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